Itinéraires dans la commune Sassoferrato Imprimer

Le territoire municipal de Sassoferrato est très large et une grande quantité d'oeuvres d'art, de monuments et de beautés naturalistes y sont conservées. Ici, nous verrons certains sites particulièrement évocateurs et bien préservés.

Itinéraire 1

En aval du château de Sassoferrato, en direction de Fabriano, s'élevait la ville romaine de Sentinum, qui a probablement pris le nom de la rivière qui passe encore à côté. La ville a disparu pendant la guerre greco-gothique (VIe siècle après J.C) mais de ses ruines sont nées Sassoferrato et l’abbaye de « Santa Croce dei Conti » qui ont été construites avec le pillage systématique des pierres, des briques et des colonnes des anciens édifices.
 

Parc Archéologique Régional de Sentinum - Musan.it
  
La zone où la ville romaine de Sentinum s’est développée est riche en témoignages archéologiques qui couvrent la période allant du Ie siècle avant J.C au IIIe siècle après J.C.
De l’installation urbaine émergent certaines parties des murs de la ville, mais ce sont surtout les anciennes rues, pavées avec de grosses pierres en calcaire blanc et délimitées par des trottoirs, qui sont bien conservées. Par la suite, un grand complexe thermal a été découvert où  on reconnait facilement la structure typique des bains romains avec la succession des milieux à faible température (frigidarium), tiède (tepidarium) et chauffée (calidarium). Enfin,  quelques espaces appartenant à l'atelier de bronze ont été retrouvés.
Aux alentours, à Santa Lucia, une structure de proportion importante, datant du IIe siècle après J.C,  a été creusée, interprétée comme villa privée ou édifice pour accueillir les pélerins. Dans la partie centrale, il y a une grande cour où l’on remarque les traces du plancher en mosaïques, une colonnade en brèche rouge de Verona et un édifice thermal important.


Abbaye de « Santa Croce dei Conti »

Elle se trouve à l'extérieur du centre historique (seconde moitié du XIIe siècle), entourée par la forêt. Située sur le Monte Santa Croce, dans un endroit isolé, elle représente un monument romain très fascinant et peu connu, probablement le travail de maîtres de la Lombardia. Pour sa construction, beaucoup de matériaux en provenance de la ville voisine romaine de Sentinum ont été utilisés comme les puissantes colonnes en pierre. A l’extérieur, on peut admirer le clocher du XVe siècle et l'arc en pierre du portail décoré de motifs floraux et géométriques, qui repose sur des chapiteaux sculptés d’après le répertoire du bestiaire médiéval.
A l’intérieur en croix grecque, les colonnes sont couronnées de grands chapiteaux de diverses formes avec des motifs végétaux, animaliers et humains (seconde moitié du XIIe siècle).
Les fresques de l'école de Fabriano du XIVe siècle qui décorent l’une des absides sont également importantes ; elles représentent la «Vita leggendaria di S. Tommaso apostolo ». D’autres fresques peuvent être entrevues sur les colonnes ; on y reconnaît une « Santa Scolastica » et un « Sant’Alberto » tandis que, dans une chapelle, on trouve un « Paliotto » en bois du XVIIe siècle, exceptionnel et décoré d’or, probablement l’oeuvre du graveur français Leonardo Scaglia. 

Itinéraire 2

Même Sassoferrato avait son propre système de châteaux qui contrôlaient le territoire et qui entouraient le chef-lieu. Malgré les modifications survenues au fil du temps, la visite des petits villages, Castagna, Monterosso, Rotondo et Coldellanoce, est évocatrice. Par contre, Cabernardi est un centre dont les origines sont moins anciennes mais il est le site le plus important pour l'archéologie industrielle.

« Cabernardi »

Ici, en 1886, les recherches minières ont commencé suite à la découverte de gisement de soufre. Soixante-dix ans d'activité industrielle sont décrits dans le « Museo della Miniera di Zolfo » à travers de nombreux témoignages de la vie à la mine. Les outils de travail nécessaires à l'extraction de minéraux, les masques anti-gaz, les casques de mineur, les marteaux pneumatiques, les lampes, les planimètres et la maquette de la mine avec les deux puits principaux illustrent de manière significative l’activité des mineurs et aussi la dureté d’un travail du passé.
La matière première, le soufre, est aussi exposé tel qu’il se présentait après avoir été extrait, sous forme de cristaux, de « pains » d’un poids de 50 kg et à l’état pur après le traitement. D’autres minéraux sont également montrés (pyrite, aragonite, cuivre, fluorite, quartz, etc…), donnés par les mineurs de Cabernardi. D’autres éléments sont aussi intéressants : la salle qui abrite le matériel photographique (plus de deux cents pièces) et les coupures de presse de l'époque, qui témoignent non seulement de la vie à la mine et des moments dramatiques qui ont précédé la fermeture, mais aussi des moments récréatifs et de fête des mineurs.

« Coldellanoce »

L’installation est née probablement au XIIe siècle et a été fortifiée au XIVe siècle. Il s'agit d'un château sensiblement différent de ceux qui peuplaient la zone : en effet, il n'est pas situé au sommet d'une montagne mais au fond d’une vallée. La présence d'un fossé protégeait certaines parties du château tandis qu'un fossé artificiel complétait le reste de la fortification. Aujourd'hui, malheureusement, peu de choses ont été conservées de cette situation et l'ancienne église de San Lorenzo a aussi été démolie.
Cependant, à l'intérieur de la nouvelle église du XIXe siècle, on trouve deux petits bijoux de l'art de la région Marche : une « Madonna del Rosario », fresque du goût populaire gracieux d’Ercole Ramazzani (1535-1598) et un triptyque de Matteo da Gualdo (XVe siècle) avec la « Madonna col Bambino tra san Lorenzo e san Sebastiano », dans un cadre typique doré de style gothique flamboyant.